Le Père et moi nous sommes UN

En ce temps-là, Jésus déclara : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. » (Jean, 10, 27-30.)

« Le Père et moi nous sommes UN. » C’est l’Évangile que nous entendrons cette année pour le 4e dimanche de Pâques. Apparemment, cette affirmation de Jésus en a scandalisé plus d’un, puisque, tout de suite après, les scribes et les Pharisiens qui l’avaient entendue ramassèrent des pierres pour le lapider. On a toutefois du mal à comprendre pourquoi… Après tout, chacun de nous n’est-il pas lui-même appelé à ne faire qu’un avec le Christ, c’est-à-dire à nous attacher personnellement à lui par les liens de la charité ?

En fait, la traduction française est déficiente et, pour être davantage conforme au sens de la parole de Jésus, il aurait plutôt fallu traduire : « Le Père et moi, nous sommes l’Unique. »

En traduisant ainsi la parole du Christ, nous pouvons dès lors beaucoup mieux comprendre en quoi cette déclaration de Jésus pouvait sembler porter atteinte à l’unicité divine à laquelle les juifs étaient farouchement attachés. Le Deutéronome, en effet, affirmait solennellement : « Écoute Israël, le Seigneur ton Dieu est l’Unique » (Deutéronome 6, 4). Nul autre ne pouvait donc se prévaloir d’un tel titre !

Plus encore à cette époque qu’à la nôtre, cette union au Père que Jésus revendique ne pouvait donc pas être comprise comme une simple unité morale ou affective. Plus profondément encore, elle voulait exprimer l’unité consubstantielle qu’ont le Père et le Fils (et aussi l’Esprit Saint) dans le mystère qu’on appellera plus tard la Sainte Trinité :

Le Père, le Fils et l’Esprit saint sont trois personnes réelles, égales et distinctes. C’est-à-dire que tous trois ont en commun le fait d’être de nature divine, comme Pierre, Paul et Jacques ont en commun le fait d’être de nature humaine. Toutefois, à la différence de ces derniers, les relations d’amour qu’ils entretiennent entre eux depuis toute éternité sont telles, qu’ils ne forment pas trois dieux mais un seul Être divin, un seul Dieu vivant et vrai, depuis toujours et pour toujours !

Raison de plus, pour chacun de nous, de se conserver en état de grâce en fuyant toute occasion de la perdre par le péché ! La grâce divine, en effet, a pour objectif ultime, au Ciel, de nous faire participer pleinement à la relation unique et spécifique que le Fils entretient avec le Père. Autrement dit, la grâce de Dieu, en faisant de nous ses enfants d’adoption, nous fait dès ici-bas entrer dans l’intimité des trois personnes de la Sainte Trinité. En avons-nous seulement conscience ?