Liturgie domestique : 4e dim. de Carême

Confinés à la maison, nous pouvons tout de même célébrer le Jour du Seigneur ! À cette fin, je vous propose une petite liturgie domestique que vous pourrez adapter au besoin.

Chant d’entrée

  • Ouvre mes yeux ou
  • Dieu nous a tous appelés ou
  • C’est Toi qui nous appelles, couplets 1 à 3.

Tous : Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

Préparation pénitentielle

Papa ou maman : Pour nous préparer à accueillir la parole de Dieu et pour qu’elle nous transforme, nous nous reconnaissons pécheurs.

Jésus ami des hommes : Tous : prends pitié de nous !
Jésus, force de Dieu, Tous : prends pitié de nous !
Christ, lumière du monde, Tous : prends pitié de nous !
Fils, bien aimé du Père, Tous : prends pitié de nous !
Seigneur, vainqueur de la mort, Tous : prends pitié de nous !
Seigneur, glorifié dans la vie, Tous : prends pitié de nous !

Prière d’ouverture

Seigneur Dieu, par ton Verbe incarné tu as merveilleusement réconcilié avec toi le genre humain ; accorde au peuple chrétien de se hâter avec un amour généreux et une foi ardente au-devant des fêtes pascales qui approchent, Toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. AMEN !

Liturgie de la Parole de Dieu

Textes sur le site de AELF

Lecture du premier livre de Samuel
– Parole du Seigneur. Nous rendons grâce à Dieu !

Psaume
Ref. Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer.

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens
– Parole du Seigneur. Nous rendons grâce à Dieu !

Gloire et louange à toi Seigneur Jésus !
Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
Celui qui me suit aura la lumière de la vie.
Gloire et louange à toi Seigneur Jésus !

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
Acclamons la Parole de Dieu. Louange à Toi, Seigneur Jésus !

  • Nous pouvons partager chacun une phrase de cet Évangile
  • Que me dit cet évangile aujourd’hui ?
  • Lecture d’une homélie ou d’une explication de cet évangile
  • Temps de méditation en silence

Ensemble, nous affirmons notre foi :

Credo de Nicée Constantinople ou Symbole des Apôtres

Action de grâce en famille

Chacun peut partager un motif de reconnaissance envers le Seigneur.

Refrain : Que soit béni le nom de Dieu, de siècle en siècle qu’il soit béni !

Prière universelle

Papa ou maman : Tu es venu dans notre vie pour nous sauver. Avec Toi Seigneur Jésus, nous confions au Père tous nos proches, l’Église, le monde, les pauvres.

Nous pouvons partager chacun une intention ou le nom d’une personne.

Refrain : Lumière des hommes nous venons vers Toi, Fils de Dieu tu nous sauveras.

Prière pour les catéchumènes

Père de toute clarté, tu as donné à l’aveugle-né de croire en ton Fils et d’entrer par cette foi dans le royaume de ta lumière. Nous te prions pour les catéchumènes : libère-les de toute erreur qui les enferme et les aveugle. Donne-leur la grâce de s’enraciner fermement dans l’amour et la vérité : Qu’ils deviennent fils de lumière, et le demeurent toujours.Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. AMEN !

Ensemble, comme Jésus nous l’a enseigné, nous disons :

NOTRE PÈRE…

Quand nous ne pouvons pas recevoir la communion sacramentelle à la messe, nous sommes invités à pratiquer la communion spirituelle, appelée aussi “communion de désir”. Dans le silence, offrons au Christ notre foi en sa présence dans l’eucharistie comme source de vie, d’amour et d’unité, disons-lui notre désir d’y communier, pour L’aimer et Le faire aimer.

On reste en silence pendant 5 minutes pour un coeur à coeur avec le Christ Jésus. On peut prendre un chant d’action de grâce. Puis on se met debout.

Prière conclusive

Par l’intercession de saint N. [patron de la paroisse], de tous les saints et saintes de Dieu [on peut nommer le patron de chacun des participants], que le Dieu de la persévérance et du courage nous donne de manifester par toute notre vie l’Esprit d’amour du Christ Jésus. Ainsi, d’un même coeur et d’une même voix, nous rendrons gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, pour les siècles des siècles ! AMEN !

Je vous salue Marie

Bénédiction

Dieu, qui éclaires tout homme venant dans ce monde, illumine nos coeurs par la clarté de ta grâce, afin que toutes nos pensées soient dignes de toi, et notre amour, de plus en plus sincère. Par Jésus le Christ Notre Seigneur.

Que le Seigneur nous bénisse, le Père, le Fils et le Saint Esprit. AMEN !

Chant final

Vivons en enfant de Lumière

Méditation… Pistes de réflexion

De l’Abbé Jean Compazieu

Ce 4ème dimanche du Carême est celui de la joie. C’est la joie d’un peuple déporté en terre d’exil qui entend une bonne nouvelle. Le prophète Isaïe lui annonce que Dieu est là au cœur de ses détresses. Il intervient pour apporter le salut à ce peuple opprimé. C’est aussi la joie des catéchumènes qui vivent la 2ème étape de leur baptême. Des enfants d’âge scolaire et des adultes se sont mis en route pour ce grand événement.

Tout au long de ce carême, nous sommes invités à « changer nos cœurs ». Les textes bibliques de ce jour nous invitent à changer notre regard sur les personnes et les événements : « Dieu ne regarde pas comme les hommes. Les hommes regardent l’apparence. Dieu voit le cœur. Avoir le cœur de Dieu c’est voir les qualités et la grandeur de celui qui est petit, faible et méprisé. C’est reconnaître que, lui aussi, est capable de grandes choses.

Au jour de notre baptême, nous avons été introduits dans le monde de la lumière. Saint Paul nous dit que cela n’est devenu possible que par la grâce du Christ. Il est la « lumière du monde ». Lui-même nous appelle à vivre en « enfants de lumière ». Ce qui doit nous guider c’est la Lumière qui est en Jésus, c’est son amour. Il est toujours là pour nous apprendre à voir les autres avec le regard de Dieu, un regard plein de miséricorde.

Dans l’Évangile, nous voyons Jésus qui guérit un mendiant aveugle de naissance. Il lui ouvre les yeux deux fois. Il commence par lui rendre la vue qui lui permettra de voir les personnes et le monde qui l’entoure.  Et  dans un deuxième temps, il lui ouvre les yeux de la foi. Tout cela se fait progressivement. Dans un premier temps, l’homme guéri parle de « l’homme qu’on appelle Jésus » ; ensuite il voit en lui un prophète ; puis quand il se trouve devant lui, il se prosterne en disant : Je crois, Seigneur. »

Comme cet homme, nous sommes appelés à passer des ténèbres à la foi. Nous aussi, nous sommes souvent aveugles ou malvoyants. Cet aveugle-né est le symbole de l’humanité plongée dans les ténèbres. Mais par le baptême, elle découvre la Lumière du Christ. Pour ces nouveaux convertis, c’est une illumination. C’est la Parole de l’Évangile de saint  qui s’accomplit : « Le Verbe était la Lumière, qui, en venant en ce monde, illumine tout homme.

Face à cet homme guéri et sauvé, il y a tous ceux qui sont aveugles dans leur esprit et dans leur cœur ; il y a ceux qui s’enfoncent dans leur aveuglement qui est celui du péché. Comme le hibou ou la chouette, ils sont aveuglés par la lumière du jour. La Lumière de Dieu, la Lumière de la Vérité leur fait peur. Mais nous ne devons pas avoir peur de la Lumière de Jésus Christ ; il se présente à nous comme le soleil qui rendra lumineuse notre vie.

Autre constat : il arrive parfois que le soleil se cache : il y a des nuages, des épreuves ; il y a aussi la nuit. Mais quand il fait nuit, il ne nous vient pas à l’idée de douter de l’existence du soleil même si nous ne le voyons pas. L’amour du Seigneur est toujours bien présent, même quand tout va mal. Il est toujours là pour nous éclairer et, souvent c’est lui qui nous porte. Il veut nous conduire jusqu’à la victoire sur le péché et sur la mort. Tout l’Évangile nous dit qu’il est venu pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus. « La gloire de Dieu c’est l’homme vivant » dit saint Irénée.

La suite de l’Évangile nous parlera des souffrances, de la Passion et de la mort de Jésus ; c’est là qu’il a assumé toutes les misères et tous les handicaps du monde. Jésus nous révèle un Dieu qui  n’explique pas les souffrances, qui ne condamne pas mais qui prend sur lui le péché du monde. Il devient solidaire de tous ceux qui sont « nés comme ça ». Et surtout, il devient source de toute guérison et de la santé totale de l’homme.

Dieu ne prend pas son parti de la misère de l’homme. Il l’assume. La croix n’est pas un signe d’échec, de résignation ; c’est une protestation, une victoire sur tout ce qui abîme l’homme. Jésus nous donne un signe de cette victoire  pascale en ouvrant les yeux de l’aveugle-né et en lui donnant un accès à une autre lumière, celle de la foi. C’est aussi à cette lumière que la Samaritaine a pu accéder (Évangile de dimanche dernier). Et dimanche prochain, nous découvrirons Jésus qui redonne vie à Lazare. À travers ce signe, il s’affirmera maître de tous les handicaps, y compris le dernier, la mort.

Vivre le Carême, c’est accueillir cette lumière qui vient de Jésus. Cette lumière c’est celle de la foi. Elle nous aide à voir les personnes et les événements avec le regard de Dieu. Comme l’aveugle guéri, nous deviendrons des témoins du Christ. Nous pourrons proclamer notre foi avec fierté : « Je crois en Dieu qui est lumière, Je crois en Dieu, il est mon Père. » Amen